TARDIS a tardé, il a plutôt bien fait. Ses qualités sont intactes, elles servent l’intérêt de ce For a While They Lived Together in a Treehouse orienté 90’s et ça s’entend jouissivement, How to Blow Up a Timeline et ses riffs francs en tête de gondole. Les nancéiens, se définissant comme « as if the Pixies were fronted by Graham Coxon« , enchainent avec ce Your Princess is in Another Castle tout aussi hérissé et persuasif, que de belles phases chantées, douces, après ça plus énervées, nappent. Pop, rock, bruit, tout par ici séduit. Crocodile, lui, sautille presque ska. Hein? Bon, sa mélodie, SES mélodies plutôt, font la diff’ à l’unisson avec sa marque sonore. Et sa fin arrache, débride. C’est alors l’heure de —Cut Here—, apaisé, bien joué. J’avoue préférer, toutefois, le TARDIS offensif. Badlands, entre rudesse et coton, m’évoque les Smashing Pumpkins. Les influences se perçoivent, mais les morceaux n’en pâtissent pas.
Band-Aids and Broken Legs, subtilement pop mais tout de même alerte, confirme l’option adoucie. The Dangerous Lives of Altar Boys fait de même, c’est en l’occurrence la mélopée soignée qui est privilégiée. TARDIS sait faire, je l’attends néanmoins plus à cran. Kill All The Bees me comble, enragé. Les guitares bruissent, le tempo s’envole. Ca grunge un peu, on valide. Moon Daisies fait retomber la pression, ça n’entrave en aucun cas sa portée. Dead or Alive, pas loin du dub, déroute mais s’enflamme tout de même, légèrement retenu. L’orgue le musicalise, TARDIS en dépit de ses prétentions 90’s garde les oreilles ouvertes. Update Profile Picture rocke et défrise, un équilibre nait des différentes options empruntées.
Skyfire Club, folk-pop entrainante, nous fait le coup du melodica. Et ça fonctionne, direct frère! Vient alors Lights Out, plus rêche, où Ben et Julie à nouveau allient leurs chants. Les tonalités se complètent, tranchées. The Menagerie of Broken Time après ça ferme la porte, d’une mélancolie pop gentiment relevée. Son issue fait davantage de bruit, insidieusement For a While They Lived Together in a Treehouse s’incruste dans le cortex et y gicle ses ritournelles, notables, jusqu’à générer un plaisir non feint.