Fluoreszent est le nouvel album solo d’Hans Nieswandt, basé à Cologne. Son troisième pour le label Bureau B, aussi. Enregistré en 2024 à Séoul, il navigue du Kraut au Goth, de la Synth Wave à l’Art Pop, du Cosmic au Comic, et parcourt un panel large. Vous l’aurez saisi. There You Are Meandering, électro-pop, l’introduit sur rythme sec et motifs aériens. Il prend sans forcer, laisse ses boucles virevolter et ses chants détournés (en est-ce d’ailleurs vraiment?) orner le tout. Hear The Voices, plus cold, 80’s aussi, suit et affirme la portée du bonhomme, au parcours éloquent. Ici aussi, la voix dévie et l’arrière-plan vole au vent, remarqué. Fluoreszent, éponyme, chante un Allemand à relever, à l’instar de ses atmosphères célestes mais bien remuantes. Hans Nieswandt, en termes de climats et d’inspiration musicale, attirera l’écoutant. Présent depuis les mid eighties, il dépose un Seltsames Licht qui finit par s’emballer, nous avec dans le même élan. Et The Wheels Of Love, électro-pop acidulée, spatiale par bribes.
Fluoreszent vaut le détour, Here Comes The Sound en lance la seconde moitié en dépaysant. Reste, récurrent, le penchant à la spatialité enlevée. Ces sons, en vagues, qui enivrent. Foolin The Clown en fait montre, sans graisse ni défauts. Satin Street sans empressement largue ses volutes, lui aussi se passe d’excès superflu. L’opus touche au but, collectionne les morceaux aboutis. Loin de l’inerte, il propose variété et cohérence. A New Bohemia le réfrigère si je puis dire, en son début, sur des syncopes lourdes. L’organe se robotise, le titre lâche ici des giclées de paresse. We’re Almost There vient alors finir le job, cadencé, entre stridences/spirales et touches dansantes. Fluoreszent, de ses premières notes à ses derniers pas, tirant profit du brio de son très fiable auteur.