Avant un percutant Echo Process, disponible le 4 avril, Moonback Stage répond au questions de Will Dum…
1. Cette fois je ne connais pas, pouvez-vous me présenter Moonback Stage et son parcours jusqu’à votre premier album à sortir ce 4 avril ?
Yes, merci Will de nous accorder ce petit passage dans Muzzart !
Moonback Stage est un projet qui est né de façon assez naïve, en 2017. On était sur la fin de notre lycée/début d’études sup et on voulait individuellement former quelque chose d’un peu plus solide que nos précédentes formations de très jeunes musiciens (collège). Alors qu’on ne se prédestinait pas spécialement à devenir des musiciens pro (la preuve, aujourd’hui Pedro est éducateur spécialisé, Basile est prof d’anglais et Nathan ingénieur), on s’est vite pris au jeu en commençant à répéter au Temps Machine et essayer de faire des choses dont on était fier.
A l’origine, le seul point commun qu’on avait en se rencontrant était le rap US old school (style The Roots/A Tribe Called Quest). On a créé nos premiers morceaux, très funk rock / rap rock, et sorti notre premier EP en 2020, Waxy. Un peu un flop mais normal, c’était notre premier disque et en plus sa sortie a eu lieu pendant le Covid.
Entre le début du groupe et la sortie de notre premier EP, on a pris le temps de se familiariser avec la scène indépendante aussi bien locale qu’internationale (Demob Happy, Ron Galo, Lysistrata…). On a eu envie de nouvelles choses, même si on était un peu catégorisé Funk Rock. Ça a pris un certain temps, mais il y a eu un virage musical avec le 2nd EP ‘JINXED’ (rock psyché) paru en 2023. Au programme un son plus brut, des riffs plus agressifs et des couleurs style psyché australien. Même si le skeud nous a donné une image plus rock, la sortie est restée douce amer de par une élaboration parfois hasardeuse ou simplement de la malchance. On avait envie de faire les choses mieux dans la production, dans la composition, les arrangements… Tout !
2. Parlons-en, justement, de ce Echo Process à venir ! Ça doit vous démanger, non, à environ 2 mois de sa parution ? Il fait suite à deux ep’s, marque t-il une rupture avec ces deux supports ?
Comme on le disait, Jinxed a généré pas mal de frustration. On savait qu’on en avait sous le pied, et c’est pourquoi on a attaqué le travail sur Echo Process plus vite. Déjà, le gros changement s’est fait dans la composition; elle s’est faite davantage en répète avec tout le groupe alors qu’autrefois, c’était plus des allers retours entre le local et la maison. Il y avait une énergie dans la création plus instantanée, plus sincère, qu’on n’avait pas connue depuis le début du projet. Cette façon de bosser a vraiment mis en avant le caractère de chacun des membres.
Il y a eu aussi la volonté d’avoir une production plus live, un enregistrement qui sonnait vivant comme si les musiciens étaient en train de jouer dans le casque de l’auditeur. On était tous les quatre très fans des Mad Foxes et notamment de la production de leur 2ème album ‘Ashamed’. C’est pourquoi on a décidé de bosser l’enregistrement et le mixage du skeud avec Christophe Hogommat, qui a vraiment propulsé l’album à un autre stade. L’expérience a fait qu’on savait beaucoup mieux ce que l’on voulait, que ce soit en studio, en post-prod ou même simplement au niveau de la DA.
Echo Process est donc prêt et ça doit être la première fois qu’on est tous les quatre satisfaits (voire fiers) de présenter un projet !
3. Comment vous êtes vous attelés à sa création, quelle matière êtes-vous allés puiser s’agissant des textes ?
Écriture des textes : On ne s’inspire pas forcément de choses spécifiques pour écrire, cela se fait “naturellement”. Les idées viennent de sujets qui nous entourent sur des thématiques qui nous parlent. Cela peut être quelque chose de “loufoque”, en parlant d’une personne fictive qui serait très peu sûr d’elle, comme de choses plus engagées avec Space Sympathizer ou Chien Méchant, l’un pouvant faire allusion à l’immigration tandis que l’autre parle de ces clébards sexistes qui aboient quand ils voient une fille passer dans la rue.
4. A l’écoute je le trouve varié comme un Stuffed Foxes, libre de ton comme certaines formations de chez Figures Libres, justement. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des affinités, d’ailleurs, avec d’autres artistes de la ville ?
C’est vrai que l’influence des Stuffed et des projets de Figures Libres est indéniable (particulièrement Rank-O qui est vraiment notre énorme coup de cœur). Comme tu le dis, beaucoup de groupes tourangeaux ont une tendance très libre, expérimentale ou radicale dans l’approche de leur musique. On a finalement fait grandir la formation avec des modèles du coin qui n’avaient aucune limite, d’où la liberté que l’on prend dans la composition ou entre nos disques.
Tours est une petite ville, donc presque tout le monde se connaît entre musiciens. On a des liens avec pas mal de groupes comme avec les Sketches ou Ineige mais celui avec lequel on est le plus proche reste Johnny Rêvolver, le groupe du frère de Clarant. Mandy et Georges, de Johnny, sont des gars qui nous ont toujours beaucoup inspirés et aidés dans l’histoire de Moonback. Ils incarnent parfaitement l’esprit tourangeau. C’est vraiment un projet à suivre !
5. Il sort en autoproduction, qu’est-ce qui explique ce choix ?
Par choix ou par défaut ? Un peu des deux ! On a démarché les labels que l’on connaissait et qui nous ressemblaient le plus dans l’esthétique, finalement pas des masses. Il y a eu quelques discussions mais rien de concret et on n’a pas cherché plus. Disons qu’en 8 années d’existence, on a appris à avancer sans être accompagné par des structures. Le plus important, c’était de faire à la hauteur de nos moyens et d’essayer de faire les choses au mieux. On sentait qu’avec ou sans label l’album serait cool, on a donc préféré se concentrer sur d’autres choses.
6. Que prévoyez-vous pour mettre Echo Process en valeur, à quoi peut-on s’attendre scéniquement ?
On va déjà rester sur ce qu’on sait faire en live: de la sincérité, du bruit, de l’émotion, de l’amitié et une grosse baffe d’énergie.
Après, L’album est vraiment un bond dans l’évolution du groupe et on aurait aimé que ça puisse suivre aussi en concert. C’est pourquoi jouer ce skeud sur scène reste un gros défi pour nous. On s’est vraiment fait plaisir sur les arrangements, avec des synthés ou avec des grattes supplémentaires, et ça élève clairement les morceaux. Il n’est donc pas impossible que l’on s’autorise un 5ème membre, sur scène, qui aurait un rôle multitâche. D’autant plus qu’on commence à avoir du joli matos électronique et qu’on n’a pas assez de mains pour l’utiliser. Bref, la suite est assez excitante !
Cover Echo Process
Photos ovahshoot