Si les Strokes, Sonic Youth et les Kinks avaient eu 4 enfants, ils leur ressembleraient beaucoup. Ben voyons! Ca s’affiche du coté de Rouen, Gogojuice est encore jeune mais tout comme bon nombre de formations de sa city, il pétrit habilement. Knock Knock knock tambourine, vas donc ouvrir et là les gaillards te ficèlent un rock vitaminé que les airs pop sertissent. Bruit, boiseries plus polies, urgence à peine jugulée et le tout passe easy. Frantic, après ce bon début, est loin du rebut. A la Strokes justement, il bourrasque dans ses mélopées. En brillance les guitares le portent. Les sons noisy sont aussi de mise, épars. Marlene, à la batterie vivace, lance des airs Kinksiens. Les sources s’entendent, certes, mais le résultat nage au dessus du tas. De sa pop qui gronde, ou ici rutile, Gogojuice fait bon usage. Sasha’s Song, de percées soniques en tonalités plus amicales, s’en veut la preuve. La posture est trouvée, la ritournelle séduit et l’allant rock secoue le peuplier. Turnaround Toy, au milieu du parcours, bondit avantageusement.
Gogojuice a de la ressource, bien entouré (les locaux à la rescousse viennent filer le coup de main, fidèles) il suscite l’espoir. Kids Are Not Stupid, élégant et fissuré à la fois, affiné, complète l’album avec panache. Une sorte de psychédélisme, occasionnel, se permet un léger relifting. Tout ça marié vaut bien que l’on convole, au son d’un Bullshit City frais et enlevé. De ses recoins surgissent des grattes à la Sonic, Youth pour sûr mais même Dominic aurait aimé, tant regretté. On est preneur, la vigueur à toute heure rafle la mise. I Do Get, folky et lo-fi, calme le jeu et ouvre le panel, maîtrisé, du groupe. Enfin Gargantua, 90’s, à la Breeders mais pas que, et pas qu’eux, lézarde ses accords et filtre un effort de fin aussi majestueux qu’impétueux, pile-poil entre les deux options, pour entériner les promesses qu’insinue Gogojuice.
©Charlotte Romer